LE BLOG
Le blog de micronutrition
Vous trouverez ici des informations en nutrition et micronutrition vérifiées, ainsi que des recettes de saison classées selon la saison.

Le chocolat, une grande histoire d'amour pour les Français en général — pour moi encore plus !
Bonne nouvelle : c'est un véritable atout pour la santé, à condition de le choisir en quantité raisonnable, de bonne qualité, et à minimum 75% de cacao. Pourquoi ce seuil ? Parce qu'il contient alors davantage de polyphénols antioxydants, bénéfiques pour la santé. Quelle aubaine !
Ce qu'il y a vraiment dans votre tablette
De manière simplifiée, dans un chocolat à 75%, on retrouve environ 75% de beurre de cacao (donc du gras) et 25% de sucre.
Ce beurre de cacao est riche en acide stéarique, un acide gras saturé particulier : contrairement à d'autres graisses saturées, il aurait un effet globalement neutre sur le cholestérol selon plusieurs études — une des raisons pour lesquelles le chocolat noir a plutôt bonne presse nutritionnellement, à la différence d'autres matières grasses saturées.
Le magnésium, un atout trop souvent oublié
Le cacao est aussi l'une des sources alimentaires les plus riches en magnésium — un minéral impliqué dans plus de 300 réactions enzymatiques de l'organisme, notamment la production d'énergie et la régulation du stress. Beaucoup de personnes n'en consomment pas assez au quotidien : quelques carrés de chocolat noir à 75% ou plus peuvent y contribuer, en plus du plaisir gustatif.
Le pourcentage ne fait pas le goût
Je vous rassure tout de suite : le pourcentage de cacao ne définit en rien le goût du chocolat.
Comme pour le vin ou le thé, le sol et le climat de culture donnent à chaque fève de cacao une identité totalement différente. Pour vous en rendre compte, achetez du chocolat où la provenance des fèves est indiquée sur l'emballage — Madagascar, Équateur, Cuba, Ghana, Pérou... Chaque origine offre un goût radicalement différent, à pourcentage de cacao identique.
Petite méthode pour bien déguster, comme pour le vin : observez la couleur et le brillant, écoutez le "clic" net quand vous cassez un carré (signe d'un bon tempérage), laissez fondre lentement en bouche plutôt que de croquer directement, et notez l'évolution des arômes du début à la fin.
Où trouver du bon chocolat en France
Dans la région Rhône-Alpes, on trouve les chocolats Bonnat, à Voiron — une sélection de 20 chocolats noirs à 75% venus des 4 coins du monde, avec autant de saveurs différentes. Le prix n'est pas donné, mais à ce tarif-là, on le savoure vraiment : les arômes sont si inédits et subtils que 2 carrés suffisent à combler les papilles.
Je citerais aussi Valrhona, autre acteur de référence de la région.
Cadmium et pesticides : un point de vigilance
Le cacao contient naturellement du cadmium, un métal lourd présent dans certains sols — notamment les sols volcaniques d'Amérique latine (Pérou, Équateur, Colombie), plus riches en minéraux du fait de leur jeunesse géologique. Ce n'est pas un ajout, mais un phénomène naturel lié à l'origine géographique des fèves.
Un point à ne pas confondre : ce ne sont pas les pesticides mais les engrais phosphatés utilisés en agriculture qui peuvent apporter du cadmium supplémentaire aux sols, en plus du stock déjà présent naturellement. Et contre-intuitivement, le bio ne protège pas automatiquement du cadmium pour le cacao spécifiquement : une enquête de l'UFC-Que Choisir a révélé que certaines tablettes de chocolat bio en contenaient davantage que leurs équivalents conventionnels — non pas parce que l'agriculture biologique en ajouterait, mais parce que le cacao bio provient majoritairement de ces mêmes zones volcaniques d'Amérique latine où le cadmium est naturellement élevé, indépendamment du mode de culture. Le bio reste pertinent pour d'autres raisons (pas d'engrais de synthèse, filières souvent équitables), mais ce n'est pas un argument fiable contre le cadmium sur ce produit précis.
Depuis 2019, l'Union européenne encadre strictement les teneurs maximales autorisées (0,8 mg/kg pour le chocolat noir, 0,3 mg/kg pour le chocolat au lait), avec des contrôles systématiques aux frontières pour les origines à risque. Un point important à garder en tête : la contamination varie énormément d'une parcelle à l'autre, pas seulement d'un pays à l'autre — on ne peut donc pas simplement écarter "tout le chocolat sud-américain", d'autant que ces mêmes régions concentrent aussi beaucoup de filières équitables engagées de longue date sur ce sujet.
Le vrai levier reste donc la traçabilité : privilégier des marques qui communiquent sur l'origine précise de leurs fèves et leurs pratiques agricoles (comme Bonnat ou Valrhona, déjà cités plus haut).
Bonne nouvelle côté Afrique de l'Ouest : les sols de Côte d'Ivoire, du Ghana ou du Cameroun sont géologiquement beaucoup plus anciens (plus de 2 milliards d'années, contre 20-30 millions d'années pour les Andes) et naturellement bien plus pauvres en cadmium. Ces pays représentent d'ailleurs près de 70% de la production mondiale de cacao. Alterner les origines — sans exclure systématiquement l'Amérique latine, dont certains terroirs restent parfaitement dans les clous réglementaires — reste la meilleure approche pour varier les plaisirs tout en diversifiant son exposition.
Je prépare un article dédié sur le cadmium dans l'alimentation, restez connectés !
En résumé
Globalement, essayons de manger moins mais mieux : plus de qualité, plus de plaisir, et une vraie valorisation du travail des producteurs de cacao (choisir Equitable) et des artisans chocolatiers.
Et vous, quelle est votre origine de cacao préférée ?
Bon goûter !
Agathe
2026- Agathe Lalau micronutritionniste